Giovan Pietro Bellori, à sa suite, cite à nouveau les tableaux mais sans mentionner un quelconque rejet[13]. Un consensus critique se dégage pour noter les vastes différences entre les deux versions de cette Conversion. La Conversion de saint Paul (première version). Click on a date/time to view the file as it appeared at that time. Les deux œuvres se distinguent notamment par des dispositions de personnages soumises à une géométrie rigoureuse et originale, jouant du contrapposto (diagonales contraires) et provoquant toute l'admiration dans le public romain[53]. L'épisode du crucifiement de Pierre ne se trouve pas dans le Nouveau Testament mais dans un texte apocryphe du IIIe siècle, les Actes de Pierre, qui présente le martyre du saint. Imagem numa resolução maior ‎(4 890 × 3 226 píxeis, tamanho: 4,66 MB, tipo MIME: image/jpeg). La dernière modification de cette page a été faite le 19 mai 2020 à 07:18. Il est admis que ces deux œuvres constituent en réalité une seconde version proposée par Caravage, puisque chaque tableau a connu une version antérieure (peinte sur bois, conformément à la commande initiale) : mais les chercheurs débattent encore pour déterminer s'il y a eu formellement un rejet des premières versions. Ces subtilités de construction, sur le plan de la composition comme de l'éclairage, peuvent avoir été influencées par la fréquentation de l'entourage du cardinal del Monte, et singulièrement de son frère Guidobaldo del Monte dont le traité Perspectivae, justement publié en 1600, évoque à la fois des questions de géométrie et de perspective picturale[59]. C'est précisément le 1er mai 1605 que le menuisier Bartolomeo se voit confier la tâche d'installer « les tableaux des peintres » dans la chapelle contre la somme de 4 scudi et 50 baiocchi : il s'agit certainement des deux œuvres de Caravage, puisque le tableau de Carrache est déjà en place dès le 2 juin 1602 et qu'il n'y a pas là d'autres tableaux[24]. Olio su tela (1600-1601). Le choix de ces deux scènes procède en tout cas d'une volonté d'exprimer une symétrie entre deux morts mystiques : celle de Paul qui meurt au monde pour renaître dans le Christ et celle plus littérale de Pierre qui va trouver sa récompense dans les cieux. Puis il reçoit une autre commande de prestige[38], dont le contrat est daté du 24 septembre 1600[35] : pour 400 écus, il s'agit de fournir deux tableaux de côté pour décorer une chapelle de l'église Santa Maria del Popolo, toujours à Rome[36]. Ajoutée à l'observation des fresques sur la voûte, cette remarque permet de conclure que Caravage s'inscrit dans un contexte d'ensemble : ses tableaux ne sont pas des tableaux de chevalet posés là par hasard, mais ils sont pleinement conçus pour s'inscrire dans cet environnement bien précis[60]. C'est une commande prestigieuse dont bénéficie Caravage, dont la renommée est bien installée dans le milieu artistique romain depuis sa récente production des tableaux de la série des saint Matthieu dans la chapelle Contarelli de l'église Saint-Louis-des-Français. Il est donc courant à Rome de traiter d'épisodes de la vie de saint Pierre et de saint Paul ; en revanche, l'association de ces deux épisodes particuliers est inhabituelle : la conversion de Paul est généralement plutôt associée à la remise des clés par le Christ à saint Pierre. Utilizzando il nostro sito web accetti la nostra informativa sulla privacy. ». Tandis que Carrache va au bout de sa logique et des règles esthétiques et religieuses du temps en réaffirmant des valeurs de beauté idéalisée, de couleurs splendides et de transcendance exaltée, Caravage creuse au contraire son sillon en témoignant d'une piété naturaliste et en faisant usage de teintes humbles, ordinaires et peu coûteuses[4].